La Collégiale Saint Ursmer

A l’origine, au cours du XIIe siècle, cet édifice était le moustier Sainte-Marie. De cette église d’art roman, il ne reste que le portail occidental, la partie inférieure de la tour et le mur nord du choeur. L’église ne disposait alors que d’une seule nef. En dehors de ces parties l’homogénéité de l’ensemble est repectée de par le style gothique hennuyer et le choix des matériaux. Les soubassements de l’édifice et le bas des fenêtres sont en pavés de Bray. Jusqu’à la toiture était utilisée la pierre d’Ecaussines.

En 1409, lorsque le chapitre de Saint-Ursmer de Lobbes fut transféré à Binche, l’église devint une collégiale à l’honneur de Saint-Ursmer. C’est de cette époque que datent les deux nefs latérales. Les nefs sont par ailleurs constituées de quatre travées.

Durant la première moitié du XVIe siècle vint s’ajouter au roman existant des constructions relevant du gothique hennuyer. C’est ainsi le cas des différentes chapelles et du chevet du choeur. Les chapelles sont la chapelle du Saint-Sacrement juste à côté du choeur et la chapelle de Saint-Ursmer au pied de la tour. La chapelle du Saint-Sacrement est séparée du choeur par une colonne supportant des arcades en forme d’ogive. Jusqu’en 1836, elle était dédiée à Saint Nicolas.La caractéristique première de la chapelle Saint-Ursmer est l’arcature de style ogival.

En 1622 fut terminée la reconstruction de la nef en style Renaissance. A la fin du XIXe siècle cependant, avec d’autres restaurations, la voûte à bardeaux de la nef centrale refit surface après que la voûte Renaissance fut démolie.

La tour est bâtie sur 3 niveaux. La base est construite en grès local et contient une fenêtre gothique de la seconde moitié du XVe siècle. L’étage des cloches est quant-à-lui en briques et dispose de quatre ouïes en plein-cintre. Il date de 1583. Le sommet de la tour est couronné d’une balustrade en pierre surmontée d’un lanternon d’ardoise daté de 1621 et dont la girouette est portée par un bulbe.

L’intérieur de la collégiale possède quelques pièces dont certaines sont très intéressantes. Les autels des collat éraux sont de style baroque et en chêne. Ils datent du XVIIIe siècle. Les bancs d’oeuvre de style Renaissance en chêne dont une partie est peinte datent du XVIIe et du milieu du XVIIIe siècle. La Chaire de Vérité en chêne de style Louis XVI a été créée par P.Lugnian et Ph. Jaufort en 1790-1791. Les stalles en chêne dans le choeur sont de style Louis XV et ont été construites par Fossons en 1778. Les lambris de la chapelle dédiée à Saint-Antoine dans l’un des collatéraux ainsi que les différents confessionaux sont également de style Louis XV. Le Jubé en marbre et pierre blanche est d’architecture Renaissance et fait preuve d’une certaine élégance. Il est daté de 1592. La grande orgue y a été placée en 1907. Elle est issue de la grande synagogue de Berlin. Une mise au tombeau en pierre avec des traces de polychromie de l’école anversoise est datée de la fin du XVe siècle. En bois polychrome, nous trouvons également un Christ assis au calvaire du début du XVIe siècle. Une Pieta de l’école anversoise datant de 1511. La collégiale dispose également de toute une série de statues anciennes telles que celle en bois doré de Saint-Ursmer. Les autres pour la plupart en bois polychromé sont dans les chapelles autrefois sièges des confréries. Il s’agit des statues de Saint Sébastien (confrérie des archers), Saint Donat de Munstereifeld , de Saint Hippolyte et de Saint-Arnould (confrérie des brasseurs). A l’exception de la dernière qui date de la seconde moitié du XVIIIe siècle, ces statues datent du XVIIe siècle. Les fonds baptismaux en marbre datent de 1677. Les bénitiers sont en pierre bleue et sont de la fin du XVIe siècle - début du XVIIe siècle. Des monuments et dalles funéraires en marbre se retrouvent également en quelques endroits de l’église. Ils datent des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle.

Le trésor de Saint-Ursmer est constitué de pièces de très grandes valeurs. Il s’agit entre autres de trois reliquaires. Celui de Saint-Pierre en forme de bras. Il est en argent, orné de nielles, de filigranes et de cristaux. Sa base est en cuivre rouge gravé et doré. Le second est également en forme de bras en cuivre doré et en argent, orné de pierreries et d’émaux. Tout comme le précédent, ce reliquaire date du XIIIe siècle et est issu de l’école mosane. Ils sont en la collégiale Saint-Ursmer depuis 1409 et furent apporté par le chapitre de Lobbes. Le troisième reliquaire est celui de la Vraie Croix. Il a la forme d’un calvaire et est orné de pierreries. Au-delà de son intérêt artistique indéniable, il a une importance historique également. En effet, il s ’agit d’un cadeau de Marguerite d’York au chapitre de Saint-Ursmer. En plus de ces 3 reliquaires, le trésor a encore des calices anciens, une statue de la Vierge en buis de XVIIe siècle, le bâton de connétable de la confrérie de Saint-Ursmer daté de XVIIe siècle. Il est surmonté d’un buste du saint. Font également partie du trésor des vêtements sacerdotaux brôdés de soie et d’or. Il s’agit de dons des archiducs Albert et Isabelle réalisés par les dames de la Cour d’Autriche au début du XVIIe siècle.